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492 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

comme une école communale. Les cortèges de noces étaient plus nombreux que les prêtres et moins nom- breux que les chapelles de la grande église.

« Bénissez tous les fidèles qui sont venus recevoir le Sacrement de mariage, disait le petit homme à genoux sur les marches d'une chapelle. Donnez-moi un peu d'intelligence aujourd'hui et je ne mangerai que des légumes ce matin, un peu d'intelligence car je ne com- prends rien de rien. Saint Joseph, donnez-moi des pensées plus chastes car l'obscénité est dans mes yeux, dans mes oreilles et dans ma tête. Sacré-Cœur, donnez-moi l'amour de l'humanité, disait-il ailleurs, car je me réjouis de son malheur et la méchanceté et la vengeance sortent de moi naturellement. »

Il avait parlé à la moitié des saints honorés d'autels en ce lieu et s'apprêtait à visiter les autres quand il fut arrêté par les cortèges nuptiaux. Alors derrière chacune de ces nouvelles familles il médita sur ses malheurs pos- sibles priant Dieu de les détourner d'elles. Toujours priant, toujours pleurant, il arriva près d'une porte grande et close et près d'une chapelle qui eût été claire si les vitres en étaient restées blanches et qui devait être égayée un jour par les boiseries d'une consécration. A cette- grotte sans miracle deux marches conduisaient que deux cierges n'éclairaient pas. Là trois malheureux attendaient un prêtre : il vint sans faste portant un livre. Un ouvrier noir le suivait plus fait pour servir les morts que les vivants. Oh ! le pauvre mariage que voilà ! pas de chaises ! pas d'amis ! un témoin, un seul, bossu, falot, louche et blond, accroupi sur un prie- Dieu :

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