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472 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

d'introduction auprès du public. Cette impression est du reste confirmée par la lecture des pages que l'auteur a mises en tête de son Dictionnaire.

Il faut citer et au besoin commenter quelques passages de cette Introduction de M. E. Bonnaffé : car la question des Anglicismes est devenue, dans ces derniers temps, une ques- tion d'actualité, dont on trouve des échos même dans la presse quotidienne.

L'auteur vient de dire que les emprunts faits par l'anglais au français sont beaucoup plus nombreux que ceux du fran- çais à l'anglais, puis il ajoute : « De notre côté il n'y a ni la même mobilité ni la même facilité d'assimilation verbale. Le nombre de mots anglais francisés est donc beaucoup moins considérable. Par contre, un certain engouement,, assez inexplicable en soi, et qui, depuis un demi-siècle, a gagné jusqu'aux classes moyennes de la société, nous fait adopter une quantité de termes sportifs, de locutions soit disant « high-life », parfois complètement inutiles, et, la plupart du temps, rendues méconnaissables par la manière dont on les prononce. »

Très juste. Mais cet engouement, est-il si difficile à expli- quer ?Les deux principaux personnages masculins de Corinne, on l'Italie sont, comme on sait, un Anglais et un Français, et quelque part le Français dit à l'Anglais — je cite de mé- moire — qu'il n'y a qu'eux, hommes de leurs deux nations^ qui aient une physionomie originale et une personnalité bien marquée parmi tous les peuples d'Europe. Ainsi, pour ce « monsieur », la belle Corinne elle-même pourrait bien faire perdre la tête à « un Prince allemand ou à quelque Grand d'Espagne », mais aux yeux d'un Français ou d'un Anglais, gens plus délicats, moins naïfs, plus dégourdis, elle ne peut être « qu'une femme aimable » comme tant d'autres. Eh bien, l'Anglais et le Français de Mi^ede Staël existent encore. Aujourd'hui comme alors ils s'estiment et s'étonnent mutuel-

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