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466 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

curent une vraie sensiliflité romantique, furent aussi mau- vais poètes que grands prosateurs. C'est qu'à vrai dire la littérature romande ne s'étend que sur un bref espace de temps : elle n'existe pas, du point de vue français, avant Rousseau. Elle n'a point l'étoffe nécessaire pour fournir une littérature complète, l'épaisseur numérique d'humanité au sein de laquelle poètes et prosateurs sont également et lar- gement appelés à l'être. Il n'est pas impossible qu'il y ait là aussi une question de phonétique, je crois plutôt que c'est affaire de hasard : remarquez que la Bretagne, avec quatre grands prosateurs nés depuis la fin du xviii^ siècle (Chateau- briand, Lamennais, Renan, Villiers-de-l'Isle-Adam) et son défaut complet de bons poètes, fait un pendant curieux à la Suisse romande et aussi à la France d'oc. Mais il n'y a sans doute aucune raison profonde pour qu'un grand poète genevois ou breton ne naisse pas demain, de même qu'il n'y en a aucune pour que le recul constant de la langue d'oc (une ombre en survivra d'ailleurs longtemps dans l'accent qui restera malgré tout au français parlé dans le Midi), le brassage entre les provinces françaises ne permettent pas à un fils de méridionaux authentiques, élevé- comme je l'ai dit, de réussir la même destinée.

ALBERT THIBAUDET.

�� ��LES SEPT CHANSONS de Malipiero à l'Opéra.

Les journaux ont révélé au monde le scandale provoqué par la représentation à l'Académie Nationale de Musique des Sept Chansons de G. Francesco Malipiero. Tous les critiques de la grande presse se sont trouvés d'accord pour proclamer l'erreur de la direction en montant une œuvre aussi révo- lutionnaire. Par contre leurs appréciations ne concordèrent pas aussi bien quant aux défauts de l'œuvre, « Dissonances insupportables », « Musique d'une discordance privée de tout

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