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LETTRE A UN HISTORIEN

��Mes réflexions vous ont chagriné. Je vous suis apparu comme un de ces mécontents à qui tout prétexte est bon s'il s'agit d'arttaquer la culture. Vous m'avez repro- ché cette neurasthénie du démobilisé qui recule devant l'efFort intellectuel et qui voudrait, par quelques affirma- tions simplistes, échapper à la gêne des anciennes disci- plines. Vous ne cessiez de faire dévier l'entretien en suspectant, le plus affectueusement du monde, le bon aloi de mes arguments. Laissez-moi revenir sur quelques points de notre causerie, sans beaucoup d'ordre, mais à l'abri de vos trop ardentes interruptions.

Et tout d'abord finissons-en avec cette objection de principe que vous voudriez tirer d'une prétendue servi- tude où notre esprit serait tombé à l'égard des événe- ments. Eh, parbleu oui, sur bien des points je raisonna autrement qu'avant la guerre ; le contraire ne m'inspire- rait aucune fierté. Car rien ne me paraît plus suspect de pauvreté, de stérilité et de sottise qu'une certaine sagesse jusqu'à laquelle les événements ne retentissent pas. Quoi d'étonnant si jetés dans des conditions de vie aussi singulières, et confrontés avec l'idée de la mort soit

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