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bien et le mal tout ensemble : il est l'ami de César, tu dis; il va bien ; tu dis qu'il est libre.

Messager. — Libre... Madame, non : je n'ai pas dit qu'il est libre. Il est l'attaché d'Octavie.

Cléopatre. — Pour quel service ?

Messager. — Le meilleur : le service du lit.

Cléopatre. — Je suis pâle, Charmion ?

Messager. — Madame, il a épousé Octavie.

Cléopatre. — Que la peste t'étrangle.

(Elle le frappe et le renverse.)

Messager. — Patience, ma bonne Reine.

Cléopatre. — Qu'a-t-il dit ?

(Elle frappe encore.)

Hideux drôle ! Je ferai sauter tes vilains yeux comme des billes ; j'arracherai tes cheveux. (Elle le secoue.) Je te ferai fouetter de verges de métal, bouillir dans l'eau salée et macérer dans la saumure.

Messager. — Gracieuse dame, j'apporte la nouvelle du mariage, mais ce n'est pas moi qui l'ai fait.

Cléopatre. — Dis seulement qu'il n'en est rien et je te donne une province. Les coups reçus ne compteront que pour m'avoir mise en colère. Je te comblerai de plus de biens que n'ose en rêver ta pudeur.

Messager. — Il est marié. Madame.

Cléopatre. — Scélérat, tu n'as vécu que trop longtemps.

(Elle sort un couteau.)

Messager. — Ma foi, je me sauve. Y pensez-vous, Madame ! Ce n'est pas ma faute.

Charmion. — Douce Reine, maîtrisez-vous ! Cet homme-là n'est pas coupable.