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Antoine. — Lépide, ne nous faussez pas compagnie.

Lépide. — Nul malaise ne saurait me retenir, noble Antoine.

(Ils sortent.)

Mécène. — Soyez le bienvenu en Italie, Monsieur.

Enobarbus. — Moitié du cœur de César, digne Mécène ! Agrippa, mon vertueux ami !

Agrippa. — Mon cher Enobarbus.

Mécène. — Nous pouvons nous féliciter de voir les choses si bien arrangées. Eh bien ! on se la coulait douce, en Egypte ?

Enobarbus. — Vous parlez ! On épuisait le jour à dormir et l'ivresse illuminait la nuit.

Mécène. — Huit sangliers rôtis pour douze convives, et pour un seul repas, doit-on le croire ?

Enobarbus. — Une bagatelle ! En fait de bombance, nous eûmes plus extraordinaire encore et qui mérite vraiment d'être cité.

Mécène. — Ce doit être une femme bien merveilleuse, si elle ne dément pas sa renommée.

Enobarbus. — Quand, sur les eaux du Cydnus, elle vint à la rencontre d'Antoine, du premier coup elle vous empocha son cœur.

Agrippa. — Oui, c'est bien là qu'ils se sont rencontrés, à ce qu'on raconte.

Enobarbus. — Je puis vous le dire : la barque où elle était couchée, resplendissait comme un trône, incendiait l'eau ; la poupe était d'or martelé ; de pourpre les voiles et parfumées au point que les vents amoureux pâmaient sur elles ; les avirons étaient d'argent, qui battaient les flots en cadence, au son des flûtes, et fai-