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TOUTES CHOSES ÉGALES d'aILLEURS... 361

mais que je ne pouvais méconnaître. L'idée me vint qu'en appelant à mon aide mes anciens talents, je par- viendrais à m'entendre avec la folle-par-philosophie. Cela ne manqua pas, et, après quelques jours d'éduca- tion, j'arrivai à communiquer avec elle à l'aide de monosyllabes, de gestes qui semblaient incoordonnés aux assistants, de contacts. Ma réputation de sorcier déjà établie fut confirmée du coup et l'on me confia la vierge noire qui manifestait mon caractère magique en correspondant avec moi. Je l'emmenai dans une habitation où je m'appliquai à. parfaire son instmction. Elle me fit tout d'abord comprendre que, parvenue à l'âge nubile, elle entendait prendre un amant, ce qui lui semblait un mal nécessaire, et que, puisque je l'avais conquise comme nul autre, il était normal que ce fût moi. Je n'eus garde de lui refuser ce service, et, l'amour aidant, ma tâche se trouva simplifiée. Je liii donnai bien des noms par la suite, mais si je veux encore aujourd'hui penser à mon Africaine, je l'appelle de celui qu'elle préférait, quoiqu'il ne soit pas sur le calendrier, Viagère, que je ne puis, après bien des années et à un âge moins ardent, prononcer sans une certaine émo- tion. Viagère, trop intelligente, s'était mentalement développée avec une précocité rare alors qu'elle n'avait pas encore acquis de ceux qui étaient chargés de sa petite enfance la science de considérer l'univers suivant les modes généralement adoptés. Aussi vivait-elle au milieu des siens comme une étrangère, laquelle ne comprend pas la langue que l'on parle autour d'elle. Mais son esprit, déjà formé quand j'en commençai l'éducation, exempt de toute idée préconçue, apprit

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