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32^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

moins hermétiquement voilé sa nature, son tempérament- son génie ? Je ne sais. Sur la scène de l'Opéra, cette Cléo- pâtre manqua de vie, de pouvoir tragique, de réalité et ne nous donna que des joies plastiques. Nous ne saurions en- core dire si Madame Ida Rubinstein a l'étoffe d'une tragé- dienne : nous attendrons une autre épreuve, dans de moms barbares conditions. Seul surnageait, quand on parvenait à l'entendre, le texte somptueux de Gide, Concluez donc.

HENRI GHÉON

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��AUX BALLETS RUSSES : PULCINELLA.

Strawinsky, chargé de nous présenter la musique de Per- golèse, a prévenu l'impression de naïveté que nous y pou- vions trouver. Notre ennui est empêché par l'outrance. Aux motifs qui nous eussent fait sourire nous sommes devancés : une orchestration franchement grotesque les a tournés à Tironie, cette ironie où Strawinsky sait atteindre par la vertu de timbres disparates. Ce qui nous eût paru grêle, il le dépouille encore. 11 accentue, il rend cruelle la défor- mation qu'un esprit du xx« siècle impose à cette musique charmante. Crainte d'un reproche, il met lui-même le doigt sur les fadeurs du dix-huitième siècle italien. Le comique est fait cocasserie.

Souvent la souplesse de Pergolèse est brutalisée, sans doute ; parmi ces violences il faut une grâce insigne pour qu'une mélodie conserve sa candeur. Mais sans le correctif de cette brusquerie nous n'oserions trouver saveur aux entrechats des adolescents, au tendre de leurs costumes. Les oppositions de Picasso s'accordent aux contradictions de la musique ; elles sont de même ordre. Par là se trouve sauvée, tant bien que mal, l'unité qui nous enchantait aux premiers Ballets Russes.

YVONKE RIHOUET

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