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NOTES

��AUTOUR D'ANTOINE ET CLEOPATRE.

Les brillantes repriéscntatioiis d'un des plus sûrs chefs- d'œuvre de Shakespeare sur la scène de l'Opéra nous pressent de poser à neuf nombre de questions déjà bien des fois débattues, mais auxquelles il semble pourtant qu'au- cune conclusion ferme et sans réplique n'ait encore été apportée. Questions littéraires, questions théâtrales ; ques- tions qui regardent en particulier l'art shakespearien, en général l'art dramatique, la mise en scène, le décor. Je n'ai pas la prétention de les résoudre, ni même le dessein de toutes les examiner. Je livre simplement ici les réflexions^ principales qui me sont venues à l'esprit dans l'occasion.

Comment tout d'abord traduire Shakespeare dans l'en- semble et dans le détail ? — Dans le détail, je crois que nous tombons d'accord pour condamner le mot à mot. Une œuvre littéraire, une œuvre poétique ne saurait passer d'une langue dans l'autre en conservant sa figure première et le meilleur décalque ne vaut rien : de l'anglais francisé est proprement du charabia. Il ne s'agit pas moins, en somme, que de faire du bon français d'après du bon anglais, suivant le génie de la France ; si on n'accepte pas de trans- poser, on trahit à la fois les deux langues et les deux génies. Or, jusqu'ici, tous les traducteurs de Shakespeare, Marcel Schwob, Maeterlinck et Copeau mis à part, ne nous ont rien donné que de plat, de neutre ou d'informe. Le type de l'informe nous le trouvons dans la traduction de Fran- çois-Victor Hugo, qui calque vers sur vers au mépris de la langue ; à peine sauve-t-il une sorte de mouvement. Les autres désenchantent le texte poétique dans une prose épaisse qui sue l'ennui et la banalité. On eu est presque à.

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