Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


3CO LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

— Donc VOUS pensez que je fais tout de même un bon mâ?î'? Je crois bien ! Voyez : j'ai même renoncé pour vous à mes charmants chapeaux français, si bien que mes meilleurs amis hésitent avant de me reconnaître.

Ils restèrent un moment sans rien dire, se rendant compte, peut-être, que leurs paroles à tous les deux iraient sonné faux, et que déjà ils commençaient à n'être plus sincères.

Et pourtant ils étaient assez contents l'un de l'autre. Et déjà Queenie se mettait à employer dans la conver- sation, comme Reginald, des mots français, — de ces mots qui sont, dans la série des paroles, ce que sont les bouts dorés dans la série des cigarettes.

Une quinzaine de jours avant son mariage, et sur le conseil de Reginald, elle avait écrit à Marc Fournier pour lui annoncer qu'il s'était passé un grand événement dans sa vie : on avait demandé sa main.

La réponse de Marc ne se fit guère attendre. C'était une lettre tout à fait banale et correcte : les félicitations -d'usage. Il ajoutait qu'il avait renoncé à son projet ■d'installer des bureaux à Londres.

— C'est un document officiel, cela, » dit Reginald. « Voyez donc aux autres adresses où il a pu vous écrire. )) Elle rougit, car elle venait justement d'y penser. Elle fut donc à Harlesden, et au bureau où il lui adressait autre- fois des cartes postales ; mais il n'y avait rien pour elle.

Et pourtant si elle avait pu savoir ! Marc Eournier lui avait écrit plusieurs lettres, qui racontaient toute l'his- toire de ses sentiments : depuis la lettre où il offrait, lui ^ussi, le mariage, jusqu'à celle où il la félicitait pure-

�� �