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2^6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

angoisse il attendait sa réponse. Alors, elle fit signe que non, et dit :

— Il m'avait proposé d'être sa secrétaire et...

— Oh ! c'était une liaison, n'est-ce pas ? derrière l'écran d'une situation quelconque ; et c'est tout extrêmement correct, et qui va songer à demander des explications ? Jusqu'au jour où on se lasse de la « petite dame » et où on la rejette après l'avoir avilie. Mais moi aussi, c'est une liaison que je vous propose, seulement c'est ce qui se fait de mieux dans ce genre. Si vous voulez des garanties en cas de désaccord ou de rupture, vous en aurez ; et si vous ne voulez pas qu'il y ait une chambre d'enfants chez nous, oh d'accord, de tout mon cœur. Ce n'est pas pour cela que je vous épouse ; pas plus que pour tenir mon ménage. C'est pour tirer de vous tout le bonheur que vous pouvez donner, et pour cela il faut que vous soyez heureuse, et vraiment libre, et en possession de toutes les prérogatives d'une femme mariée. Non seulement riche, entourée de luxe, et avec tout le harnachement de bijoux et fourrures indispensable à une personne telle que vous, mais encore respectable et respectée, et une dame dans la plus complète acception du terme. Mais une liaison secrète comme celle qu'on vous proposait... Oui : la solution confortable et peu coûteuse du grand problème, la triste et timide manière d'esquiver la lutte. Il n'est pas très brave, ce Monsieur. Il n'ose pas vous entreprendre, cet homme d'affaires. Il n'ose pas saisir à la crinière cette cavale effarou- chée. Ce n'est pas le désir qui lui manque, mais le cœur. En dehors du plan de la vie quotidienne, il se contente du tout-fait : c'est plus sûr, et on en a toujours

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