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394 LA NOUVELLE RE\'UE FRANÇAISE

Un dimanche en prenant le thé, Queenie, distraite ou énervée, mania, son couteau si maladroitement que la pointe la blessa légèrement au pouce droit. En voyant l'accident, Reginald, qui était assis près d'elle, eut un frisson et saisit son propre pouce entre les doigts de sa. main gauche, comme si c'était lui qui se fùi coupé. Il fit cela si naturellement, si inconsciemment, que M"'*" Long- hurst ne put s'empêcher de rire, mais il était trop occupé de Queenie pour y faire attention, et elle non plus n'y fit pas attention sur le moment. Mais cela lui revint à la mémoire vers la fin de la journée, et elle y rêva longtemps.

Il y avait plus d'un mois que les choses en étaient là lorsqu'un soir, comme par hasard. M""" Longhurst quitta le salon en disant qu'elle allait revenir bientôt, et Reginald et Queenie restèrent seuls.

Il se tourna vers elle, et la regarda en souriant pendant un moment, puis il dit :

— Eh bien, M""" Crosland, où en sont vos fiançailles ?

— Et vous, où en est votre éducation ?

— Oui, je sais : je suis un paysan du Somerset égaré dans Londres. Et pourtant, malgré mes mauvaises manières, je persiste à rester candidat, et c'est pourquoi je veux connaître le programme de mon adversaire. J'ai réussi à faire dire à la charmante M"'" Longhurst bien des choses qu'elle n'avait pas l'intention de me laisser savoir ; mais en ce qui concerne les projets de Mon- .sieur Fournicr à votre égard, je n'ai rien pu lui tirer de précis. Dites-moi donc, M"^* Crosland, si vous avez reçu de ce Monsieur une promesse de mai'iage quelconque.

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