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BEAUTÉ, MON BEAU SOUCI 295

en France « le genre anglais », tandis qu'à Paris, ReginalJ Harding avait étudié et s'était assimilé le chic français, dont il faisait parade surtout lorsqu'il se trouvait dans son pays d'origine. Les hommes absolument dépourvus d'affectation sont rares, et assez ternes.

Il y avait une autre raison qui la fit rester au salon lorsque M. Harding y était : elle crut sentir qu'il faisait <ie grands efforts pour ne jamais la regarder, et qu'il évitait de rencontrer ses yeux; et elle essaya de le prendre en faute. Mais elle eut beau faire, elle ne réussit pas à obtenir de lui autre chose qu'un regard tranquille et distrait, de temps en temps. Et elle pou- vait se demander, parfois, si c'était bien là l'homme qui était résolu à l'épouser et qui l'avait même déjà demandée en mariage, et qui n'était là que pour elle. Cela l'irritait, sans qu'elle s'expliquât pourquoi. Puis, une fois, elle s'aperçut qu'il regardait souvent dans la direction d'un miroir pendu au mur, et d'abord elle avait cru que c'était son image à lui qu'il y regardait. Mais enfin elle ■comprit que, de la façon dont ils étaient placés, c'était

son image à elle que Reginald y voyait Elle futsur-

■prise d'avoir dit en pensant à lui : « Reginald » et non : « M. Harding ». Mais cette façon de regarder en cachette 5on image, au lieu de la regarder elle-même en face, lui <léplut et l'irrita encore davantage. Et une autre fois qu'elle s'était laissé aller à l'examiner attentivement, puisqu'elle -était certaine qu'il fuyait son regard, il l'avait regardée comme pour lui dire: « Quand aurez-vous fini de me fixer ? » Elle avait rougi de dépit, mais en voyant qu'il souriait, — tout en continuant à parler à M'^ Long- hurst, — elle sourit aussi.

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