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que pas une fille sur mille n'a la chance de rencontrer. Songez donc : il sait tout, et il a tout pardonné.

Queenie se leva, frémissante.

— Il n'a rien à pardonner ! cria-t-elle, et l'indignation la fit rester haletante, ne trouvant plus de paroles.

Mme Longhurst se leva, un peu effrayée. Les yeux de Queenie brillaient méchamment, et toute son attitude exprimait l'entêtement, la dureté, et la fureur d'une jeune guerrière saxonne. Mais en même temps, le regard innocent et tendre des deux fleurs de chair démentait le regard farouche des yeux et n'exprimait que la douceur, l'abondance et la paix.

— Non, dit Mme Longhurst ; non, c'est moi qui dis cela, ce n'est pas lui. Il n'a pas dit qu'il pardonnait. Il a dit : « A partir du moment où j'ai vu Mlle Crosland pour la première fois, nous avons cessé l'un et l'autre d'avoir un passé ; et je me suis juré que jamais il ne serait fait la moindre allusion à ce passé. » Voyez comme il est délicat, ma chère. Et n'est-il pas très doux, pour une femme, de sentir qu'on l'aime à ce point ? Oui, c'est cela, calmez-vous. Et ce soir je vous attends chez nous à l'heure du thé. Calmez-vous, ma chérie. Là, ma belle. Eh bien, au revoir, Queenie

Après le départ de sa tante Queenie demeura quelque temps pensive et les yeux baissés. Puis peu à peu son visage prit une expression de douceur, à laquelle succéda un sourire, et enfin elle rit joyeusement. Et elle fut, pendant cet instant, tout à fait semblable à la femme peinte sur le vase que décrit Thyrsis dans la Première Idylle de Théocrite : « Mais à l'intérieur de la guirlande on a représenté une femme, chef-d'œuvre des Dieux,