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BEAUTÉ, MON BEAU SOUCI 253

sourire en y pensant. Mais que diraient les gens qui m'ont connue ?

— Et vous habitez ?

— Dès que j'ai trouvé cette place, j'ai acheté quelques meubles et j'ai loué une petite chambre à Harlesden.

— Pardon ?

— Harlesden. Après Kensal Rise, dans cette direction. Comme sa voix était douce et sa prononciation pure!

Dans sa bouche, Harlesden, le nom de ce quartier perdu aux confins de la ville et de la banlieue, devenait quel- que chose de si mélodieux qu'on aurait pu croire que c'était le nom d'un de ces lieux charmants que les poètes ont chantés.

— Et vous y vivez seule ?

— Avec la propriétaire. Il n'y a pas d'autre locataire. Oh, c'est vrai : jusqu'à ces derniers jours, je n'y vivais pas seule ; j'avais un compagnon : un pauvre petit chien que j'avais trouvé dans la rue, un soir en rentrant de Paddington ; il avait l'air si malheureux et si sale : « sauvage, et laineux et plein de puces ». Je l'ai emporté chez moi ; je l'ai bien lavé, bien soigné, et il paraissait s'habituer à m.oi, et voilà qu'il m'a quittée, lui aussi.

— C'est bien vrai que vous vivez seule ?

— Oh, je comprends ! Comment une telle pensée a-t-elle pu vous traverser l'esprit ? après ce que vous savez qui m'est arrivé? Oui, je vois ; j'ai mérité cela ; ne vous excusez pas, Monsieur Fournier. Non, c'est bien fini, maintenant. Oh, plutôt que d'accepter les avances d'un homme, je me laisserais mourir de faim, je me jetterais dans le canal ! Vous ne comprenez donc pas ? Repasser

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