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244 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

indigne. Sur son ennemi maintenu à terre par vingt bras étrangers, le Français n'avait pas le droit au coup de grâce.

A qui n'a plus l'audace de conquérir, à qui ne con- naît plus le mouvement naturel de proposer son âme à un vaincu, on a refusé le Rhin. Mais l'Angleterre a laissé tomber quelques rognures d'empire.

L'homme faible ne put choisir son ami qu'entre deux ennemis^ tout ami est ennemi à l'homme faible.

La lutte immense qui n'est pas finie se relâche. Par la pensée je marque un temps d'arrêt dans la poussée qui m'assaille moi et ceux qui parlent mon langage.

Pas de repos à travers l'éternité.

Il n'y a ici aucune plainte. Honte à ceux qui se plai- gnent de leur destin. Les Français ont souffert moins qu'ils ne devaient attendre de leurs crimes parce que leurs mérites ont été encore plus grands que leurs crimes.

Quel goût ignoble j'avais dans la bouche quand les territoriaux se lamentaient de l'injustice de leur sort aux soirs où ils nous relevaient. Mais selon la loi qui règne sur les choses, ils montaient remplacer les enfants qui n'étaient pas venus parce qu'ils les avaient noyés ou poignardés avant leur naissance.

Relèves ! rencontres des générations !

Jugement à la croisée des chemins qui mènent à la rie et à la mort.

Nous avons besogné excessivement parce que nous n'avions pas de frères pour nous aider.

Pourtant ces Allemands sont absurdes. Il fallait bien que quelqu'un en Europe — et qui moins que la France

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