Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


RECONNAISSANCE A DADA 235

raison en concluant au néant linguistique, comme il avait conclu déjà au néant psychologique. Sa démons- tration est parfaite. Il peut encore ici nous délier^ du moment que nous avons accepté que l'écrivain s'adonne à son seul accomplissement, de mettre en avant quelque principe que ce soit qui interdise le complet bouleversement du vocabulaire et les incohérentes pro- cessions de mots auxquelles il s'amuse. »

��*

  • *

��Que l'on veuille bien ne pas me supposer, en pré- sence de tous les ravages de Dada, dans un état d'indi- gnation ni de fureur que je cacherais. Quelques mots que j'ai dits tout à l'heure ont fait croire peut-être que la cause de l'art m'était sacrée, comme on dit, et que j'allais, pour finir, me déclai-er son champion, brandir un glaive d'archange. Ce n'est pas tout à fait cela. L'Art et la Beauté ne sont pas pour moi des divinités et je n'éprouve aucune révolte contre leurs iconoclastes. Avouerai-je même que je prends plus de plaisir à les voir méprisés qu'encensés, et que rien ne m'agace autant que les majuscules dont on les décore ?

Je suis au contraire assez sensible à cette extrême mo- destie, à cette incompréhension de toute grandeur hu- maine qu'André Breton souligne, à la fin de son article, comme une des vertus de Dada. Je les préfère en tous cas infiniment à la sufiisance sacerdotale de tant de littérateurs manques. Je me sens très près du sentiment délicat et tragique, de la pudeur désespérée qui pous- sent le même André Breton à s'écrier : « Il est inadmis-

�� �