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LES REVUES I53

��MAURICE BOISSARD

ET

LE THÉÂTRE

Depuis qu'il traite d'un cœur égal de balistique, de vie mon- daine, et de la question de savoir si Nietzsche était pangermaniste, le Mercure de France est devenu un peu intimidant. Heureusement M. Maurice Boissard nous reste, qui écrit de M. Léo Larguier, à propos de la Lumière du Soir :

« Je le voyais de temps en temps. Il me plaisait. Je dirai plus : il m^ intéressait. J'avais lu de lui quelques vers asse:^ beaux, quoique un peu chargés de rhétorique, aux dépens de l'émotion vraie. J'aime asse:; les écrivains qui parlent d'eux et M. Léo Larguier parle toujours de lui. Il est aussi très romantique d'allures et de paroles, le dernier repré- sentant de ce genre de poètes che:(^ lesquels l'écrivain se doublait un peu d'un comédien. Il me racontait des histoires, amusant, mimant les per- sonnages, les situations, il me lisait ses vers, en parlant les dents serrées, habitude qu'il a prise à Coppée, qui la tenait lui-même de Banville. Car il est étonnant comme tous ces gens s'imitent les uns les autres, jusque dans le physique. Il m'amusait aussi par certains détails de son vocabulaire. M. Léo Larguier ne dit jamais « tnon pardessus », « wa canne ». // dit « mon manteau », « mon bâton ». Cela a pour lui plus d'allure. De même, il ne parle jamais de lui qu'avec une grande pers- pective, sous l'aspect d'un vieux poète plein de gloire et désabusé. C'est plus décoratif. Il v a même mieux, ce niot : décoratif, m'en Jait sou- venir. M. Léo Larguier pensait déjà, en ce temps-là, à être un jour décoré de la Légion d'honneur. Il ne disait pas alors : quand j'aurai la croix. Non. C'eût été trop plat. Il disait : quand f aurai la mé- daille. »

de M. André Rivoire, à propos de Roger Bontemps :

« Il y avait une belle salle, l'autre soir, à l'Odéon,pour la répétition générale de sa nouvelle œuvre. Des académiciens, qui venaient applaudir leur digne futur confrère, des sociétaires de la Comédie-Française , certainement jaloux de voir l'Ode'on jouer une chose aussi délicieuse, des critiques qui n'ont jamais rien critiqué, des écrivains qui se sont tus

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