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138 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

souvent du bon Bussy-Rabutin ou du meilleur Tallemant

des Réaux. roger allard

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LES NUITS DES ILES, par R.- L. Stevenson, traduc- tion de Frcd Causse-Macl (L'Edition française illustrée).

Il vient de se commettre, à l'égard de Stevenson, une de ces trahisons contre lesquelles on ne saurait protester avec trop d'énergie. Nous attendions depuis longtemps la traduc- tion d'un de ses plus beaux recueils, Isîand Nights Entertain- nienls, et \z Revnchebdomadaire\tnz\Xdicn^Vih\\trnnt version excellente due à M. Jacques Delebecque, quand soudain une autre traduction a paru en volume, signée de M. Causse- Maël, mais tellement inexacte et bâclée que l'œuvre en devient méconnaissable. C'est une de ces « mises en fran- çais » devant lesquelles on se demande tout d'abord s'il s'agit bien du même texte que celui qu'on a lu dans l'original, et si le traducteur n'a pas eu entre les mains une édition remaniée, tant paraissent inexplicables les omissions, additions, défor- mations de toute sorte. Mais cette fois toute tentative d'expli- cation honorable est découragée dès les premières lignes.

Il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup fréquenté Stevenson pour s'être rendu compte de l'exquise perfection jusqu'à laquelle il pousse ses ouvrages. Si jamais un auteur eut le sens de la mesure et le souci de la plus délicate mise au point, c'est bien lui. Trop parfait ! serait-on parfois tenté de s'écrier ; non qu'il tombe jamais dans l'académisme (peu d'écrivains ont su jouer comme lui de l'argot des aventuriers et des gens de mer) ; mais on sent qu'un excès d'urbanité l'empêche parfois de nous dire tout ce qu'il sait. Aristocra- tique discrétion, particulièrement rare chez les natures vraiment riches ; mais en même temps discrétion si judi- cieuse qu'elle ne laisse perdre aucun élément d'émotion. Personne n'a parlé des Mers du Sud comme Stevenson, parce

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