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13e LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

aura raison des arjnities de la dernière heure. Psichari n'a plus qu'à mourir.

Nous savons comment il est mort. Encore à la manière de Péguy, son maître : la tête haute, au feu. L'homme avait le cœur noble, la raison ferme ; il n'est pas le dernier que l'amour de la France aura conduit et conduira plus loin. En ce sens, son livre élucide une disposition du cœur et de l'esprit commune en notre temps à un grand nombre de jeunes hommes. C'est un document et une prière : un livre de réalité. henri ghéon

��G. Q. G. SECTEUR I, par Jean de Pierrefeu (l'Edi- tion française illustrée).

Pendant la guerre, M. Jean de Pierrefeu, officier blessé, fut préposé à la rédaction du « communiqué. » Peu d'écrivains ont connu de pareils tirages. Un peu par dépit d'avoir dû si souvent farder par ordre la réalité dangereuse ou triste, mais surtout par amour de la vérité, il publie maintenant ses mémoires. Des questions y sont élucidées qui échappent à la compétence de celui qui écrit ces lignes. Fantassin ou pilote d'avion, j'ai vu de trop près ou de trop haut une guerre qu'on ne pouvait bien connaître qu'au téléphone et sur la carte d'un état-major. Mais indépendamment des révé- lations qu'il apporte, le livre de M. de Pierrefeu oifre un intérêt littéraire qui doit être signalé ici. Sans doute il y a quelque exagération à prononcer, comme on l'a fait à propos de cet ouvrage, le nom de Saint-Simon. Ce sont là des compa- raisons redoutables. Spectateur ironique et sceptique, mais scrupuleusement impartial, M. de Pierrefeu ne pouvait mettre dans ses narrations anecdotiques le feu et la vivacité qui distinguent le génial mémorialiste du grand siècle, ni dans les portraits une verve aussi directement cruelle. On admirera pourtant l'extrême variété des formules employées

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