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NOTES 127

Utilitaire, mais l'utile d'une oeuvre d'art est borné aux contemporains de son auteur, sa beauté seule la per- pétue.

... Le buste

Survit à la cité.

Cest parce qu'il est beau que le monument dressé par Hamp à la gloire des métiers risque de durer et non pas parce qu'il l'a consacré au travail et à la peine des hommes. Celui qui écrit ne peut légitimement attendre d'autre gloire que celle d'être un grand écrivain. Tant pis s'il a déclaré comme Hanip : « S'amuser au jeu d'écrire est une occupa- tion sénile... Qu'est-ce qu'un homme de lettres, rien que de lettres ? Carton pâte et papier mâché. Une machine à écrire. » Malherbe a bien dit qu'un poète n'est pas plus utile à l'Etat qu'un joueur de quilles. N'est-ce pas en défini- tive une assez belle gloire que celle de Virgile ou de Slia- kespeare ?

Ce ne sera pas méconnaître la valeur de son apostolat, ni le diminuer que de s'arrêter à considérer Pierre Hamp comme un homme de lettres, — et parmi les hommes de lettres, ni comme un liistorien, ni comme un économiste, ni comme un sociologue, ni comme un moraliste, mais comme un prosateur qui écrit des proses, de la même manière et dans le même sens qu'on appelle poète celui qui écrit des vers.

Les Métiers Blessés ont pu être rédigés « pour servir à l'his- toire du travail en France pendant les armées 1914 à 1919 », ce n'est pas aux Métiers Blessés qu'auront recours, dans un siècle ou deux, les historiens du travail préoccupés de la condition du prolétariat pendant la grande guerre, ni les éco- nomistes en quête de données statistiques. Mais on ne lira peut-être plus depuis longtemps les Croix de Bois ou le Feu (ju'on viendra encore chercher dans la trilogie de guerre de Hamp : le Travail Invincible, les Métiers Blessés, la Victoire

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