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122 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

grave, on dccompose mieux le jeu de cette alliance d'enthou- siasme et de raison qui s'équilibre chez M. Roger Allard. Et bien quel'amourde la sincérité n'ait pas à inter\fenir ici, on se prend à aimer cette probité d'expression qui semble, ne voulant rien que de profondément éprouvé, exclure tout ce qui n'aurait pas été ressenti avec assez de vigueur pour joindre aux élans de l'imagination, aux joies méditatives, une durable émotion sensuelle.

Un poëme en vers libres, une suite de tercets à ter^a rima, achèvent ce recueil. Deux livres antérieurs à ces Elêgu's Martiales qui ont si profondément marqué dans l'œuvre de M. Roger Allard qu'il nous a été difficile aujour- d'hui de les oublier momentanément et d'essayer de pré- ciser, sans tenir compte de leurs révélations, ce qui est exclusivement dû au poète de l' Appartement des Jmnes Filles ei des Feux de la Saint- Jean.

JEAN PELLERIN

LA FIN DU MONDE, FILMÉE PAR L'ANGE N. D., roman, par Biaise Cendrars (Editions de la Sirène).

Décidé à moderniser la publicité céleste, Dieu se rend en Mars par le rapide interplanétaire. Le voici, pour com- mencer, mais sans succès, barnum des religions. Il se réfugie auprès de son ami Menelik, dans la Cité des Aven- turiers, où, pour capter l'attention du public, il s'abaisse à des réclames philosophiques telles que le Truc des prophéties ou la projection du film de la Fin du monde.

L'ange N. D. souffle dans sa trompette et nous assistons au défilé, bientôt vertigineux, des siècles éperdus, à la mort des espèces, à l'éclosion d'êtres nouveaux dans des végéta- tions instantanées. L'histoire et la préhistoire accélérées, toutes les lentes transformations de la nature s'accomplissant ■en un tour de manivelle, nous laissent soudain dans l'indé-

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