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NOTES 119

Où sont-ils enterres les soldats morts pour !a Patrie Dans les cimetières du front conduits en grands charrois ? Marins et passagers, en quels courants, en quels détroits Vous coula la torpille, ou la mine, ou Tartillerie ?

Puisqu'il n'est pas permis qu'on s'agenouille et que l'on prie Sur des défunts perdus on ne sait pas en quels endroits, Qu'on ne peut porter des bouquets à vos flots, à vos croix, M.issacrés des schrapnells, noyés de la piraterie,

Avions, avions, prenez un vol religieux !

Aujourd'hui, Jour des Trépassés, emportez dans les cieux

Chrysanthèmes, œillets, au lieu de mitraille et de bombes :

Des Dardanelles à l'Yser, élevant vos essors

Partout dans l'inconnu, partout où se creusent des tombes^

Sur la terre et la mer. jetez, jetez des fleurs aux morts !

Le vers de M. Henry Céard possède la fermeté lapidaire et l'éloquence qui convient aux pensées graves, à la pitié, à l'amour du genre humain. Ses phrases fortement rythmées tombent comme les plis d'une belle draperie, noble et sévère.

ROGER ALl.ARD

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L'APPARTEMENT DES JEUNES FILLES, p^u- Roger AUard, orné de gravures au burin, par J.-E. La- boureur ; LES FEUX DE LA SAINT-JEAN, par Roger Allard, poëme orné de cinq dessins par Luc-Albert Moreau (Camille Bloch).

V Appartement des Jeunes Filles, que M. Roger Allard com- posa avant et publie après les Elégies Martiales est une évocation hardie, toujours délicate, de ses amours de jeu- nesse, plaisirs de vacances au bord de la mer. Quinze poèmes ont quinze prénoms féminins. Ils sont délicieux et divers. Le mouvement de la strophe semble le rythme d'une démarche, et chaque pièce, indépendamment du sens

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