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��NOTES

��LA LITTERATURE

��DANS LE CLOAQUE, par Maurice Barrés (Emile Paul, 2fr.).

Que M. Maurice Barrés soit déplacé au Parlement, la chose est sûre et il le sait mieux que personne. Je ne jurerais pas qu'il n'en souffre point quelquefois. Son goût de l'action ou si l'on aime mieux de la pensée active, essaie cependant de s'y satisfaire : oh ! il s'y satisfait de peu. Sa qualité d'opposant ne permet pas au romancier de V Energie Nationale d'assumer un rôle plus intéressant et moins vain que celui de protestataire... Si médiocre pourtant que soit condamnée à demeurer là son influence effective, on ne regrette pas toujours de l'y voir s'être fourvoyé. Malgré la suspicion, la '* distance ", dont pour son talent même il est dans ce milieu l'objet, de t-emps en temps il élève la voix et ose monter la question à son véritable étiage. On ne le suit pas ; on l'écoute — et certaines bonnes con- sciences de parlementaires moins jacobins puisent dans ses interventions inutiles une sorte de rassérénement. Au fait, il n'est pas à la Chambre pour agir ; ni même pour parler : il est présent, il enregistre ; c'est le " témoin " de nos mauvaises mœurs. N'ayant droit à aucune ambition gouvernementale, il »c sent libre de ses mouvements et de ses jugements ; il n'ab- dique jamais sa supériorité intellectuelle et naturellement se place " sub specie aetcrnitatis ". C'est le délégué de l'Histoire.

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