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LA JEUNESSE D IBSEN 93

plus, pauvre et misérablement payé, mal habillé, étranger à Grimstad et sans relations avec la société de la ville, on conçoit qu'il était peu tenté de sortir. Il semble qu'il ait vécu en bons termes avec son patron, et comme celui-ci était membre de la société de lecture de la petite ville, fondée en 1835, ^^ ^^^ probable qu'il s'est ainsi procuré des livres, et qu'il a lu, en attendant les clients, l'histoire universelle de Becker (mentionnée au 4™* acte de Peer Gynt) et une bonne partie des vingt et un volumes de Holberg, qui fut toujours un de ses écrivains préférés, ainsi que des œuvres d'Ingemann, de la féministe suédoise Frederika Bremer et de madame Gyllembourg. Peut-être aussi a-t-il commencé dès lors à suivre la revue V Abeille. Il a eu également occasion, par cette voie, de lire des traductions de Walter Scott, de Dickens et d'Eugène Sue, et des œuvres isolées de Hauch, Chr. Winther, Henrik Herz, H. C. Andersen, Victor Hugo — " l'histoire de Napo- léon " — et Balzac {Scènes de la vie de province^ sous le titre : Les mystères des pro- vinces^ ^

Mais si sérieux qu'il fût, et avancé pour son

1 Tous ces ouvrages ont été acquis, au plus tard, en 1845 P^*" ^^ Société de lecture de Grimstad. V. Hans Eitrem : Henrik Ibsen — Henrik Wergeland, dans Maal og Minne, 1910, pp. 37 sqq. L'auteur a bien voulu me communiquer quelques renseignements complé- mentaires sur le séjour d'Ibsen à Grimstad.

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