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NOTES 905

" Ailleurs, ajoute-t-elle, je me suis contentée de rendre en la condensant la substance de la stance ou de la ligne traduite, tentant de prendre pour modèle la méthode de Taine dans ses admirables citations de la Littérature Anglaise oii, sans être jamais sacrilège, il se préoccupe cependant de donner avant tout à l'esprit français qui le suit " le sens divin et abstrait de la poésie " qu'il traduit. " Je voudrais donner quelques unes de ces traductions de M"'^ Ruxton. En voici une, empruntée aux citations des Barrack Room Ballads (Les Ballades de la Chambrée). Un parfum d'eucalyptus en fleur réveille chez un jeune Australien le souvenir de son pays :

C était r Australie, toute P Australie, Tout ce que j'^y ai trouvé et perdu. Tous les visages qui me donnent la folie du retour. Toutes les femmes que fy ai embrassées.

Et fai vu Sidney, oui, Sidney,

Ses pique-nique et ses musiques ;

Et la petite maison sur la rivière.

Et mes jeunes vignes tendant leurs rameaux.

Et tout cela, tout cela venait a moi

Dans r odeur des arbres en fleur, a Lichtenberg,

Ou nous entrions à cheval sous la pluie.

Et voici, dans une autre note, des visions du Veld où apparaissent à plusieurs reprises, " rare apparition dans les poèmes de Kipling, des visages de femme, mais elles sont à l'honneur et c'est sur le champ de bataille qu'il les a rencontrées, les infirmières des trains de la Croix-Rouge."

Qui se souvient du crépuscule et des tentes alignées

(Dans le cristal du soir les cimes des montagnes lointaines ?)

Le tintement des tasses de fer et le noble rire pitoyable.

Et les visages de nos sœurs et la poussière couvrant leurs cheveux ?

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