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��REFLEXIONS SUR LA LITTERATURE

��ANTHOLOGIE DES AVOCATS FRANÇAIS CONTEM- PORAINS, par Fernand Payen. (Bernard Grasset).

Réunir une Anthologie des avocats d'aujourd'hui n'était pas une mauvaise idée. M. Payen, qui consacre aux maîtres qu'il a cités des notices élégantes, parfois assez fines, et qui, excep- tion faite pour Waldeck Rousseau et pour Barboux, se limite hiérarchiquement aux bâtonniers de l'ordre, a dû choisir, je n'en doute pas, les meilleures plaidoiries contemporaines. Les avocats, représentés par leurs chefs élus, plaident, ici, devant le public et la critique, et pour eux-mêmes. Ils plaident aussi, et M. Payen avec eux, pour l'art de l'éloquence judiciaire, et nous sommes mis en demeure de décider, sur pièces écrites, si oui ou non il est raisonnable de laisser, comme on le fait d'ordinaire, cette forme d'art oratoire sur la rive obscure, hors du monde esthétique et des genres littéraires. Montons donc, tel Ubu, sur notre tribunal, et, nous étant assuré que la trappe fonctionne, jugeons.

Tout à l'heure peut-être nous allons découvrir des merveilles jusqu'ici ignorées, ou limitées du moins à l'enceinte du tribu- nal et à la Revue des Grands Procès. Mais si nous nous en tenons au tableau consacré des valeurs littéraires, au canon que l'école nous enseigne, nous nous expliquons d'abord mal ce fait singu- lier : dans les deux littératures classiques anciennes, l'éloquence judiciaire paraît tenir une place d'honneur, et même, par sa con- tinuité et son autorité, la première place parmi les genres cm

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