Page:NRF 11.djvu/856

Cette page n’a pas encore été corrigée


850 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Le vieux Protée a perdu ses lunettes, hourra ! nous n'extrairons plus de racines carrées, hourra !

Floue ! floue !

La mer est libre ! la mer est libre ! Elle est libre et nous sommes dedans !

La sentez-vous frémir et frissonner ? Sentez- vous ce coup de reins qui nous envoie à huit pieds dans Tair !

Hourra ! Hourra !

Quel bond ! quelle détente !

Elle est libre et nous sommes dedans ! elle est infinie et nous sommes dedans ! il y a plus ici à boire qu'un coup de vin ! Youp, youp, youp, hourra 1 Youp, youp, youp, hourra !

La nef disparaît suivie des Phoques,

PROTÉE seul au milieu de la scène

Et vous trouvez cela raisonnable ?

Quelle folie dans tout cela ! quelle dérision d< choses sérieuses ! quelle farce stupide !

Voilà Jupiter qui a besoin de son Hélène pour en faire une étoile.

Et c'est vrai qu'il y a une place vide au ciel qui ne fait pas bien entre les Dioscures.

Est-ce qu'il pense une seconde à mes droits sacrés de propriétaire ?

Ou du moins est-ce qu'il va se donner la peine de piquer la pécore au milieu de mon petit jardin, où elle est cependant bien visible ?

��1

�� �