Page:NRF 11.djvu/84

Cette page n’a pas encore été corrigée


78 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

et une sœur : Johan Altenburg, né en 1830, Hedvige, née en 1832, Nikolaï, qui était né peu avant la déconfiture, et Knud Ibsen eut un cinquième enfant environ deux ans après, qui fut prénommé Ole Paus. Mais pour Henrik, l'aîné, ses frères et sœur n'étaient qu'une ressource médiocre, d'autant moins grande qu'il était fort avancé pour son âge, et montrait un caractère d'une exceptionnelle gravité. Il ne jouait pas comme les autres enfants, et, pour se protéger contre eux, se retirait dans un réduit, à côté de la cuisine, qu'il fermait au verrou, et cela, même en hiver, par des froids rigoureux. " Pour nous autres, dit sa sœur, il n'était pas, dans ce temps-là, un garçon agréable, et nous faisions toujours notre possible pour le déranger en jetant des pierres et des boules de neige contre son mur et sa porte ; nous voulions qu'il jouât avec nous, et quand nos attaques avaient lassé sa patience, il se précipitait dehors et nous poursuivait, mais comme il n'était habile à aucune espèce de sport, et que la violence était bien étran- gère à son caractère, ^ il n'en était rien de plus ; il réintégrait son réduit, dès qu'il avait réussi à nous éloigner suffisamment. " ^ Il était d'ailleurs gentil

1 Cependant, son plus jeune frère, interviewé par Erik Lie {Verdem Gang, 1906), se rappelle avoir reçu de lui une gifle, un jour que Henrik avait invité les paysans du voisinage à voir jouer la comédie à Venstœb.

' Presque tout ce qui concerne la vie de Henrik Ibsen à Venstœb

�� �