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La nuit est aux dieux.

Coups très doucement sur la grosse caisse.

N’est-ce pas ! Elle est trop belle ! c’est trop beau, ce milieu de l’année !

C’est pour cela que Bacchus est venu.

Afin de délivrer les campagnes et les déserts et les énormes replis de la terre tout remplis de forêts

De cette marche en triomphe et de ce pas irrésistible au milieu des cris de désespoir, imposant le délice et la terreur !

Malheur à celui qui sur les feuilles mouillées à minuit

Verra le reflet du dieu blanc, pareil à un soleil de lait !

Malheur au cerf qui parmi ses biches inquiètes exhaussant sa tête arborescente.

Regarde l’étrange armée cependant qu’elle passe le gué montagnard en tumulte parmi les pierres roulantes.

Et le dieu déjà n’est plus là et les précède, et l’on ne voit qu’un gros homme ivre sur son âne !

Nul à cet appel n’est plus un homme tout-à-fait !

Car l’homme pour bondir prend les jarrets d’une chèvre.

Et la chèvre pour happer l’aigre poignée de vigne qu’on lui tend