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JOURNAL DE VOYAGE (cANADa) 79 1

acceptent souvent le don du Potlatch sans le rendre aux enfants du donateur.

A Kyuquot, nous entrons dans la maison de Moïse, neveu de mon hôtesse squaw. C'est un jeune homme très sale et mal tenu, habillé à l'européenne. Il est marié depuis quelques semaines. Sa femme est une jeune blonde, qui n'a pas du tout le type indien. Elle a l'air d'un ruminant ; sa figure ne change pas d'expression pendant tout le temps que nous passons chez elle. La maison est meublée à l'européenne : des chromos au mur, le portrait du pape et un Reynold reproduits en teintes criardes, un affreux gramophone, ce qui paraît être pour les Indiens l'idéal de l'élégance.

Après déjeuner nous partons pour le bungalowr des Donahoo, situé à quelques milles de Kyuquot, sur un bras de mer. Nous montons dans un bateau à naphte, auquel sont attachées plusieurs pirogues portant le bagage, les tentes, les armes, etc.

Quant aux membres de l'expédition, ils sont une quin- zaine, Indiens et Blancs :

1° M. Donahoo, l'Américain, notre chef d'équipe. C'est un homme de trente-huit ans, toujours de bonne humeur, ce qui est important dans un camp ; très énergique, une belle tête, et, par extraordinaire, pas du tout commun.

Il a vécu tout jeune une vie d'aventures ; a fait naufrage plusieurs fois, travaillé dans les mines d'or, mené au Japon des convois de chevaux de course.

Il connaît la forêt comme un trappeur. Au reste, il l'a été. Il est plutôt silencieux, comme le sont les gens habi- tués à la solitude, mais, quand on arrive à le faire parler, il est très intéressant.

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