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JOURNAL DE VOYAGE (cANADa) 783

ferme; me dit que sa femme m'attend. J'accepte de suite. Vite j'empile quelques vêtements dans une valise et nous >artons dans le buggey. Après cinq minutes de conversa- àon, nous découvrons, à notre amusement à tous deux, [ue nous avons en Europe des connaissances communes, îur la route, Mr. Higgs parle à tout le monde, interpellant

s gens par leur nom. Le matin, à l'aller, des voisins lui

avaient donné des commissions ; l'un d'eux, cuisinier d'un camp de bûcherons, l'avait même supplié de lui rapporter une bouteille de whisky, en lui disant : " Vous promettez de n'en rien dire à ma femme ! " Mr. Higgs a promis tout ce qu'on a voulu, mais a fait exprès d'oublier la bouteille, rien que pour voir la figure désap- pointée de l'autre. La route s'allonge et j'ai faim. Je voudrais voir les veaux que nous croisons sur le chemin transformés en côtelettes. La nuit est tombée et les tentes éclairées à l'intérieur font penser à des cartes de Noël.

A onze heures nous arrivons enfin. Mrs. Higgs est une jeune femme de mon âge, à l'air pratique et très décidé. Nous prenons un thé tardif. Je l'aide à préparer ma chambre. Le lendemain nous nous levons de bonne heure. J'apprends à faire le déjeûner des poules. Quand la volaille a mangé, nous nous occupons de notre déjeûner à nous. Pour toute aide, les Higgs ont l'idiot qui sert à porter le bois et l'eau. Aux repas, on met un grand bouquet de fleurs en face de lui pour le cacher, car sa tenue à table laisse à désirer, et il est horriblement sale.

Dès le premier jour, je me suis sentie installée chez les Higgs comme chez moi. Nous avons été très occupés à préparer des sujets pour l'exposition d'aviculture de

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