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782 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

cher à Victoria. Mr. S. le Député-Ministre consulté, me conseille d'aller voir Mr. Miller Higgs, un Anglais qui élève de la volaille dans son petit ranch de Sooke, à dix- sept milles de Victoria. Je prends Tauto publique, traver- sant un pays boisé, qui me rappelle tantôt la Suisse et tantôt le Midi. Le temps est beau ; il fait une chaleur agréable. Par moments, dans une éclaircie à travers les arbres, j'aperçois la mer et les montagnes de TOlympic Range. La plus grande partie du trajet se fait en forêt. De temps en temps nous passons à côté d'un groupe de quelques tentes. Elles sont habitées par des hommes occupés à déboiser, travail de géant. Mr. Higgs n'est pas chez lui ; je ne trouve que son ouvrier, tout à fait gentleman, mais idiot et très sale. Je laisse un mot sur ma carte et retourne à Victoria.

Le lendemain matin, jeudi i" juillet, répondu à deux annonces parues dans le journal sous la rubrique Help wanted female^ réclamant des agents féminins. Je vais aux renseignements. La première situation consiste à all< tourmenter les gens chez eux pour les engager à faire agrandir leur photographie. C'est hideux. J'hésite à refuser, car la commission est assez forte. La deuxième annonce est celle d'un médecin, qui offre des soins contre abonnement. L'affaire est plus profitable encore que celle du photographe, mais j'apprends le jour même qu'elle est frauduleuse.

Sur ces entrefaites, arrive Mr. Higgs, en ville pour h journée. C'est un Anglais d'une quarantaine d'années, tiré à quatre épingles. Il m'invite à prendre le thé à l'Empress Hôtel. Je lui parle de mon idée de poulets. Il propose de m'emmener passer quelques jours sur sa

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