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PARSIFAL 765

sublime maigreur, quelle discrétion dans Tutilisation des thèmes, quel raffinement tout classique des indications qu'il est impossible de ne pas sentir. Le goût de Wagner est aussi incontestable que son mauvais goût. Auprès de Torchestre de nos musiciens contemporains, de ceux-là mêmes qui prétendent réagir contre la surcharge wagné- rienne, combien Torchestre du maître allemand est peu encombré ! On a parlé de Richard Strauss comme d'une sorte de Wagner multiplié par 10 ; ce qui revenait à admettre que la superposition des thèmes était l'essence même de Wagner. Il n'y a pas d'erreur plus flagrante. Strauss, loin de l'amplifier, n'a fait que prendre le contre- pied du véritable dessein de son maître. Wagner n'a jamais cherché l'amoncellement pour lui-même ; il ne s'est jamais proposé de faire marcher ensemble le plus de choses possible ; il savait bien que ces accumulations n'avaient d'intérêt que pour le lecteur de la partition et ne pouvaient amuser que l'intelligence. Or il rêvait de captiver notre âme entière. Tous ses thèmes sont en contact immédiat, il est vrai, nous l'avons dit ; mais ce n'est pas pour se monter mutuellement sur le dos ni pour s'écraser les uns les autres ; c'est au contraire pour que chacun puisse se dégager à son tour avec le maximum de signification, ainsi que nous l'avons expliqué. — Parsifal nous offre le plus bel exemple de l'économie v^agnérienne. Tout y est étroit et indispensable, précis, nu, sévère, urgent. C'est un corps glissant et parfait, l'athlète de l'ascétisme.

Il nous reste à examiner le caractère religieux de Parsifal^ ou plutôt à chercher par quelles raisons Wagner

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