Page:NRF 11.djvu/759

Cette page n’a pas encore été corrigée


RACHEL FRUTIGER 753

quelques marches, et à une des extrémités on en descendait par un plan incliné. On s'y sentait à l'abri, comme dans une forteresse placée sur une hauteur, d'où on domine une plaine ou la mer. En renversant la tête en arrière, on pouvait voir les poutres et les autres pièces de la charpente, qui s'entrecroisaient dans l'ombre où tremblaient des toiles d'araignées. Dès qu'elles osèrent parler tout haut, les enfants se mirent à explorer le domaine qu'elles venaient de découvrir ; et elles eurent peur, parce que, soudain, entre des caisses et des tonneaux, près du sol, elles trouvèrent deux yeux qui les regardaient fixement. C'était un chat, et il eut peur à son tour quand elles battirent des mains.

Elles mirent longtemps à s'apercevoir qu'il y avait une petite chambre au-dessus de la porte d'entrée, et qu'une échelle de meunier, partant d'un bout de quai, conduisait à la porte de cette chambre. Il leur sembla que cette échelle avait été apportée et dressée là depuis leur entrée dans la salle, tant elles furent étonnées de ne l'avoir pas vue plus tôt. Après un moment d'hésitation, elles ne résistèrent pas à l'envie de voir ce qu'il y avait dans cette chambre, et elles commencèrent à gravir l'échelle. Mais le vide, qu'elles voyaient entre les échelons, leur donnait le vertige, et elles avaient peur, secrètement, de la chambre abandonnée. Elles n'étaient pas arrivées à la moitié de l'échelle

�� �