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NOTES 721

second recueil de vers : la Joie Vagabonde. Celui-ci, Lumières du Monde est plus libre et plus personnel. Il est écrit en vers libres presque toujours blancs, mais rythmés avec tant de diversité et soutenus si à propos par de discrètes assonnances , quand le rythme devient monotone ou défaillant, qu'ils donnent à mon oreille une satisfaction complète. Au fait, ce que j'ai pu repro- cher à certains tenants du vers non rimé, ce n'est pas tant le défaut d'assonnances ou de rimes dans leurs poèmes, que l'absence voulue de compensations rythmiques et la coïncidence désastreuse de l'insonorité totale avec la pauvreté mécanique des coupes. Ici la vie réside dans le rythme. Pourquoi l'exige- rai-je par surcroît dans l'écho sonore ? — A peine reprocherais- je à M. Paul Castiaux d'abuser quelquefois des touches séparées et de sacrifier la ligne générale du mouvement à l'harmonie partielle des strophes et même aussi, ce qui est plus grave, des vers. Mais son livre possède tant d'autres qualités et il est si précisément composé dans un esprit de " succession lyrique " que le reproche doit tomber. — M. Castiaux se pose ici résolu- ment en poète de sensations et d'images. On peut découvrir un sens idéal dans l'économie de son livre ; mais il n'en aurait pas, qu'il n'y perdrait pour ainsi dire rien. Il vaut par le chant, par l'ivresse, par la justesse de l'impression pittoresque, par la variété de la métaphore. Il peint le lumineux essaim des souvenirs autour d'une âme qui s'abandonne à son plaisir. Voici le calme de la petite ville de province :

V ombre est partout comme de V ouate ; Entre les murs et les hauts arbres Passe, sournois et froid, un humide silence. Et Pon voudrait parfois qtHune goutte de bruit S'en vint tomber, pour l'émouvoir. Sur l'eau malade de ce calme.

Voici, du haut de la colline, le pays autour de Florence où

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