Page:NRF 11.djvu/724

Cette page n’a pas encore été corrigée


'7i8

��NOTES

��LA LITTERATURE

��PROMENADES LITTERAIRES (V»* Série), par Remy de Gourmont (Mercure de France, 3 fr. 50).

Le tour paradoxal que dans ses Epilogues, dans ses dialogues, dans les brèves chroniques où il opinait sur les faits du jour, se plut souvent à prendre M. Remy de Gourmont, aura pu quelque temps, indisposer contre lui des lecteurs fidèles. Il y cultivait une irrévérence tantôt légère, tantôt un peu trop appuyée, parfois juste et parfois moins juste. Il me semble que dans une forme limitée par le seul caprice, il se sentait trop libre, trop à l'aise ; rien v^y bridait jamais les sautes brusques de son jugement et même sa raison devait sans cesse être* tentée d'abuser du plaisir divin d'avoir raison. Alchimiste naguère et fort curieux alchimiste, il ne nous cachait pas assez quel contentement et quel orgueil il ressentait à n'être plus rien qu'un chimiste, et renonçant à la pierre philosophale, â| chiffrer des formules ou peser des atomes... Mais quel chimiste; capricieux ! Il y a en M. de Gourmont à la fois du savant et* du dilettante, du sceptique et du partisan... C'est ce qui fait sa valeur et son charme. Il y a surtout chez lui une extrême curiosité idéologique. Elle ravit et elle comble ; il arrive qu'elle déçoive, mais peu de temps. Elle est la clef de ses contradictions apparentes. Son érudition s'accompagne de pétulance, et même d'une sorte d'ébriété. Elle s'amuse à quitter son objet pour le

�� �