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��REFLEXIONS SUR LA LITTERATURE

��LA GRANDE PITIÉ DES ÉGLISES DE FRANCE, par

Maurice Barrés (Emile-Paul, 3 fr. 50).

La Grande Pitié des Eglises de France est à la fois un acte et un livre. Un acte, très simple en principe, qui défend la civili- sation contre la barbarie, et l'intelligence contre l'animalité. M. Barrés député a essayé de recueillir des voix parlementaires pour une loi d'hygiène esthétique et morale, et il a échoué, provisoirement. Mais il reste que l'incantation de l'artiste a recueilli dans le pays et dans les paysages français les voix authentiques et pures de notre terre et de notre passé, qu'il les a accordées en un beau choeur, et qu'à défaut d'une loi écrite, il a fait descendre dans son œuvre la plus pure des lois non écrites qui donnent à la vie d'une race sa dignité, sa résonnance et son poids.

Beaucoup ont prononcé le nom de Chateaubriand et ont proclamé ce livre un nouveau Génie du Christianisme. Mais il est remarquable que ce nom du précurseur ne se rencontre pas une fois dans la Grande Pitié. Et pourtant il est exact que M. Barrés rejoint par tous les côtés la sensibilité de Chateaubriand. Les deux cloches sonnent à l'unisson. Dans ses charmants croquis de la vie parlementaire, M. Barrés nous apprend, ce qui ne saurait nous étonner, que de jeunes collègues, surpris parfois de son zèle d'incroyant pour la cause des églises, " non seule- ment pour leur beauté, mais encore d'un point de vue moral et spirituel ", se croient biens fins en disant : " C'est pour les

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