Page:NRF 11.djvu/67

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 6l

questo nuovo proposito ", se dit Lafcadio, qui prisait par-dessus tout la libre disposition de soi-même ; et, désespérant de mettre au pas cette turbulente pensée, il résolut de la bannir pour un moment de sa cervelle. B tira de sa poche le roman de Julius et fit un grand effort pour s'y distraire ; mais le livre était sans détour ni mystère et rien n'était moins propre à lui permettre de s'échapper.

— C'est pourtant chez l'auteur de cela que demain je m'en vais jouer au secrétaire ! se répétait-il malgré lui.

Il acheta le journal à un kiosque, et entra dans le Luxembourg. Les bancs étaient trempés; il ouvrit le livre, s'assit dessus et déploya le journal pourlire les faits-divers. Tout de suite, comme s'il avait su devoir les trouver là, ses yeux tombèrent sur ces lignes :

La santé du comte Juste-Agénor de Barag/ioui, quiy comme ron sait y avait donné de graves inquiétudes ces derniers jourSy semble devoir se remettre ; son état reste néanmoins encore précaire et ne lui permet de recevoir que quelques intimes,

Lafcadio bondit de dessus le banc ; en un instant sa résolution fut prise. Oubliant le livre, il s'élança vers une papeterie de la rue Médicis où il se souvenait d'avoir vu à la devanture promettre des cartes de visite à la minute^ à 2 francs le cent. Il souriait en marchant ; la hardiesse de son projet subit l'amusait, car il était en mal d'aventure.

— Combien de temps pour me livrer un cent de cartes ? dem^nda-t-il au marchand.

— Vous les aurez avant la nuit.

— Je paie double si vous les livrez dès 2 heures.

Le marchand feignit de consulter son livre de com- mandes.

�� �