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LES CAVES DU VATICAN 66l

Julius saisit la feuille que Lafcadio lui tendait, lut avidement ; puis se passa la main sur les yeux ; puis s'assit ; puis se releva brusquement, s'élança sur Lafcadio et l'empoignant par les deux bras :

— Pas le vol pour mobile ! cria-t-il, et comme saisi d'un transport, il secouait Lafcadio furieusement. — Pas le vol pour mobile ! Mais alors... — Il repoussait Lafcadio, courait à l'autre extrémité de la chambre, et s'éventait, et se frappait le front, et se mouchait : — Alors je sais, parbleu ! je sais pourquoi ce bandit l'a tué... Ah ! malheu- reux ami ! ah ! pauvre Fleurissoire ! C'est donc qu'il disait vrai ! Et moi qui le croyais déjà fou.... Mais alors c'est épouvantable.

Lafcadio s'étonnait, attendait la fin de la crise ; il s'irritait un peu ; il lui semblait que n'avait pas le droit d'échapper ainsi Julius :

— Je croyais que précisément vous...

— Taisez-vous ! vous ne savez rien. Et moi qui perds mon temps près de vous dans des échafaudements ridi- cules... Vite ! ma canne, mon chapeau.

— Où courez-vous ?

— Prévenir la police, parbleu ! Lafcadio se mit en travers de la porte.

— Expliquez-moi d'abord, dit-il impérativement. Ma parole, on dirait que vous devenez fou.

— C'est tout à l'heure que j'étais fou. Je me réveille de ma folie... Ah ! pauvre Fleurissoire ! ah ! malheureux ami ! Sainte victime î A temps sa mort m'arrête sur le chemin de l'irrespect, du blasphème. Son sacrifice me ramène. Moi qui riais de lui !...

Il avait recommencé de marcher ; puis s'arrêtant net et

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