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LES CAVES DU VATICAN 653

— Elle m'a paru bien jolie.

— Vous n'êtes pas difficile.

— Je veux dire : bien mieux qu'à Paris.

— C'est de l'exotisme ; mais si vous êtes en appétit. « 

— Lafcadio, de tels propos ne sont pas de mise entre nous.

Julius voulut prendre un air sévère, ne réussit qu'une grimace, puis reprit :

— Vous me voyez très agité. Je suis à un tournant de ma vie. J'ai la tête en feu et ressens à travers tout le corps une espèce de vertige, comme si j'allais m'évaporer. Depuis trois jours que je suis à Rome, appelé par un congrès de sociologie, je cours de surprise en surprise. Votre arrivée m'achève... Je ne me connais plus.

Il marchait à grands pas ; il s'arrêta devant la table, saisit le flacon, versa sur son mouchoir un flot d'odeur, appliqua sur son front la compresse, l'y laissa.

— Mon jeune ami... vous permettez que je vous appelle ainsi.... Je crois que je tiens mon nouveau livre ! La manière, encore qu'excessive, dont vous me parlâtes à Paris, de VJir des Cîmes^ me laisse supposer qu'à celui-ci vous ne demeurerez pas insensible.

Ses pieds esquissèrent une sorte d'entrechat ; le mou- choir tomba à terre; Lafcadio s'empressa pour le ramasser et tandis qu'il était courbé, il sentit la main de Julius doucement se poser sur son épaule comme avait fait précisément la main du vieux Juste-Agénor. Lafcadio souriait en se relevant.

— Voilà si peu de temps que je vous connais, dit Julius ; mais ce soir je ne me retiens pas de vous parler comme à un....

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