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LES CAVES DU VATICAN 65 1

d'abord de dîner, laissant le journal tout plié, posé là, à côté de lui, sur la table ; puis ressortit, et dans le Corso de nouveau, s'arrêtant à la clarté d'une devanture, il déploya le journal et en seconde page, vit ces mots, en titre d'un des faits-divers :

CRIME, SUICIDE... OU ACCIDENT.

Puis lut ceci que je traduis :

En gare de Naples^ les employés de la Compagnie ont ramassé dans le filet d^un compartiment de première classe du train venu de Rome^ une veste de couleur sombre. Dans la poche intérieure de ce veston une enveloppe jaune tout ouverte contenait six billets de mille francs ; aucun autre papier qui permette d^ identifier le propriétaire du vêtement. S^il y a eu crime^ on s^ explique malaisément quune somme aussi impor- tante ait été laissée sur le vêtement de la victime ; cela semble indiquer tout au moins que le crime n aurait pas eu le vol pour mobile.

Aucune trace de lutte na pu être relevée dans le comparti- ment ; mais on a retrouvé^ sous une banquette^ une manchette avec un double bouton qui figure deux têtes de chat, reliées Vune a Vautre par une chainette d^ argent doré et taillées dans un quartz semi-transparent^ dit : agathe nébuleuse à reflets^ de V espace que les bijoutiers appellent : pierre de lune.

Des recherches sont faites activement le long de la voie.

Lafcadio froissa le journal.

— Quoi ! les boutons de Carola maintenant ! Ce vieillard est un carrefour.

Il tourna la page et vit en dernière heure :

RECENTISSIME.

UN CADAVRE LE LONG DE LA VOIE.

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