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séjOUR DE STENDHAL A BRUNSWICK 585

à marier, me conviendrait ; elle paraît avoir de l'esprit, et pas de pruderie. Mais je me sens timide à son égard, et d'ailleurs nulle occasion de nous... {La page est inachevée.)

Le 3 mai 1808. J'écris ceci à huit heures précises. J'ai lu très facilement jusqu'à ce moment la Vie de Johnson ^ Je ne crois pas qu'on puisse lire dans ce moment à Marseille ou Madrid.

Voici ma vie d'aujourd'hui, qui me servira d'échan- tillon pour me rappeler celle que j'ai menée au printemps 1808 : à huit heures, le barbier m'a éveillé dans le grand salon, où j'ai couché pour la première fois, ce qui m*a valu une promenade militaire à quatre heures du matin, l'épée à la main. J'entendais du bruit dans les chambres voisines, j'étais dans les rêves jusqu'au cou, et, dès que mon imagination est éveillée, je suis timide. Je ne suis brave que quand je suis bête, c'est qu'alors je ne perds pas de vue la terre. Je parle de la vraie bravoure, mon imagi- nation fortifie la bravoure qui vient des passions. Ma colère est si forte qu'elle me donne mal à l'estomac pour vingt-quatre heures.

Après le barbier, j'ai lu quelques pages de la Fie de Johnson^ que M. Eschenbourg m'a prêtée. M. Kœchi arrive : leçon d'allemand, j'explique trois pages de l'histoire des grosses Friederich, Ces trois mots, où il y a sans doute trois fautes au moins, montrent mes progrès dans cette langue, parlée par des ennuyeux, et qui a quelques mots expressifs. Après M. Kœchi, j'ai arrangé les procès- verbaux de versement et de partage d'une somme de

^ Ouvrage très remarquable de Bothwell.

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