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SÉJOUR DE STENDHAL A BRUNSWICK 563

nous mîmes nos noms commence par : Friedrich Wilhelm /, Louise^ Kœnigin von Preussen (Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, et Louise, reine, etc.), écrit en caractères allemands. Je fus étonné du peu de noms étrangers : je rencontrai, en feuilletant, deux inscriptions françaises et une italienne. Je fus étonné de la platitude d'un tel recueil, elle n'a pas empêché un libraire d'imprimer les quatre ou cinq premiers volumes. C'est fort, mais il me semble qu'on imprime plus en Allemagne qu'en France.

9 novembre 1807.

Il faut trop de paroles pour bien décrire. C'est ce qui m'a fait interrompre ce journal depuis le commencement de juillet. Il serait utile d'écrire les annales de ses désirSy de son âme ; cela apprendrait à la corriger, mais aurait peut-être l'inconvénient de rendre minutieux.

Depuis le mois de juillet j'ai renvoyé Jean, qui m'excédait, et pris Romain, dont je suis content. Mon cheval bai a pris le vertigo, j'en ai acheté en octobre un gris 35 frédérics, léger, mais pas fort, joli cependant.

J'ai tué trois perdrix au vol, à mon grand étonnement.

Je suis allé plusieurs fois à l'Elme avec M. Daru. Il m'a encore parlé de nos anciens différends avec une bonté extrême.

Le grand maréchal de Mûnchhausen m'a entièrement satisfait par des espèces d'excuses. Cette affaire est termi- née et bonne à oublier. ^

^ C'est une affaire d'honneur, à laquelle Stendhal fait allusion dans sa Vie de Henri Brulard (II, 1 54). Si Stendhal fut maladroit, MUnchhausen " ne fut pas brave ce jour-là. "

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