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SEJOUR DE STENDHAL A BRUNSWICK 547

avec tous les Français ; Brichard, avec qui je suis le plus lié, met souvent de Taigreur entre nous, il a une jalousie excessivement susceptible, il est jaloux de tout et d'un rien.

Je viens de lire le Ld. (sic) avec fruit ; je suis en train de lire Tracy (Logique), Biran et V Homme d'Helvétius.

J'ai là mes pistolets, auxquels Rasch vient de changer la sous-garde, j'ai tiré une dizaine de fois, sept à huit cents coups au plus. Tout mon bien consiste en 7 1 francs et 50 louis.

Si, comme le dit Biran, l'on n'a de mémoire musicale que par les sons que l'on peut reproduire, il faut apprendre à chanter pour se souvenir des beaux airs.

M. : " Je serais bien ingrate si je ne l'aimais pas, il y a si longtemps qu'il m'aime ! "

17 juin.

J'ai couru un grand danger ce matin : Brichard a lu le commencement de ce journal, heureusement pas jusqu'au bas de la première page.

Je viens d'être très mouillé en allant chez Brandes avec le prudent Reol ; il est prudent par excellence.

Hier, j'ai été sur le point d'être hors de moi par le plaisir que je me figurais dans mon enfance d'après les Baigneuses de M. Le Roy et la pêche de Corbeau ^.

^ Les Baigneuses sont un tableau de Le Roy, professeur de dessin du jeune Beyle à Grenoble ; quant à la " pêche de Cor- beau ", elle eut lieu dans le Guiers aux Echelles (Savoie), où Beyle était allé voir, vers 1791, son oncle Gagnon. — (Voir Fie de Henri Brulard, H. et E. Champion, éd., t. II, p. 182-183 et p. 165.)

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