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54^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Journal de Stendhal pendant le séjour à Brunswick. Il est extrait de l'édition intégrale, actuellement sous presse, qui paraîtra cette année même dans la collection des Œuvres Complètes de Stendhal, publiées sous la direction de M. Edouard Champion (Librairie ancienne Honoré Champion).

Henry Débraye.

��JOURNAL

DU 17 JUIN 1807 AU [mois DE NOVEMBRE 1 808]

Je commence ce cahier avec toute l'humilité qu'un bon chrétien pourrait exiger de lui. L'aventure de M. ^ est une bataille perdue, cela m'apprendra le prix du temps. Si elle ne m'a pas donné un moment sublime, comme Adèle à Frascati, j'en ai trouvé auprès d'elle de bien délicieux.

Je ne veux en aimant que la douceur d'* aimer. Ce vers est presque vrai de mon âme, et non de mon orgueil, c'est lui qui m'a donné de l'humeur depuis Jeudi. Je viens de prendre ma deuxième leçon de M. Denys (44 francs pour douze leçons), j'en prends deux par semaine, deux de M. Mancke, trois de M. Kœchy.

Je compte apprendre incessamment à monter à cheval. Il paraît que M. D[aru] a trouvé de la suffisance à moi à demander mon changement. Martial recommence à me bien traiter, parce que je deviens flatteur. Je suis bien

^ Il s'agit très vraisemblablement de Wilhelmine de Gries- heim, fille du général-major de Griesheim. On sait que Stendhal l'appelait Minette. Il en parle d'ailleurs plus loin.

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