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526 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

resque extérieur ; mais Tauthenticité de la peinture. En ce sens le théâtre Antoine n'a jamais rien donné dans l'ordre réaliste, que de monstrueusement faux ; il n'a presque rien joué d'authentique. On peut reprendre tous ses thèmes ; tous sont à établir sur la réalité, à développer, à creuser. Le Testament du Père Leleu me semble, si je ne m'abuse, la première œuvre de ce réalisme-là qui soit vraiment réalisée. La conduite pro- gressive de l'action, la saveur véridique du dialogue, le caractère nuancé des personnages, tout est poussé à bout, à son maximum de plénitude et de perfection. Pas un moment où prendre l'auteur en défaut. J'ajouterai qu'il a fait mieux qu'une copie ; sans cesser de s'appliquer et de croire à ses modèles, il a sous- entendu le rire, et on a ri. — Certaines pages de Jean Barois nous faisaient entrevoir la finesse, l'habileté, le sens scénique, enfin le don de vérité dont voici exemple ici. M. Roger Martin du Gard a remporté un succès unanime : c'est sans nul doute un dramaturge. Avoir découvert un auteur comique, ce n'est pas là de quoi le Vieux Colombier est le moins fier. — Faut-il seulement rappeler comment d'un vieux " fumelier " du Berry et d'une servante " intéressée ", M. Charles Dullin et M™« Barbieri ont pu donner le " double ", le " sosie ", l'absolu semblant ?

��H. G.

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