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SOI LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

d'Enghien? Ailleurs, M. Bouvier accepte comme une vérité indiscutable que Balzac " manque de sens artistique, de génie poétique et de style ", de sorte que " toutes les parties où ces dons auraient trouvé leur emploi sont mortes dans son œuvre : les passages réalistes seuls vivent. " C'est s'en tenir de façon un peu scolaire aux jugements de M. Faguet. Le style de Balzac est correct, sain, bien membre, il dit avec clarté ce qu'il veut dire. Si Balzac l'obtenait difficilement et avec sueurs, et peinait sur ses épreuves plus longtemps que M. Faguet sur les siennes, s'il était surtout, comme Flaubert, un écrivain de Tolonté, cela n'autorise nullement à lui refuser le style. Ses grandes œuvres vivent comme des créatures puissantes, com- plètes, organisées du haut en bas, et non comme des " passage* réalistes " séparés par des espaces morts.

A. T.

��LE PÈRE, par Georges Falots (Nouvelle Librairie Natio- nale).

Un de ses livres précédents, VHomme qui vient^ avait été par M. Georges Valois désigné au lecteur comme une " philosophie de l'autorité. " Le Père pourrait prendre le même sous-titre. Catholique et monarchiste, M. Valois exprime avec une con- viction véhémente des idées qui ne sont pas neuves, et que, précisément pour cela, il juge être les vraies. Seulement elles sont groupées, hiérarchisées, d'un point de vue qui leur donne un aspect direct, inattendu, parfois saisissant : " Tout a été dit, et tout est à redire, dans le langage propre à chaque temps, écrit M. Valois. Car si les idées et les vérités éternelles demeu- rent dans la forme où elles furent une première fois exprimées, elles n'ont plus de prise sur les sentiments.... Ainsi traduisant sans cesse les paroles que se transmettent les âges, nous répétons

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