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CHRONIQUE DE CAERDAL 487

sions, mais qui t'épanouis à la pointe de toutes, comme si toutes domptées elles n'étaient plus que les racines et la tige d'une passion unique, tu es le pèlerinage où j'ai mené mon âme pèlerine.

��C'en est fait de la joie puérile. Ce qui reste en nous de l'enfant est pour nous mêmes et quand nous sommes seuls.

Je ne vous ai pas promis le bonheur. Mais une tristesse qui sourit, et qui est supérieure à toute réalité charnelle, puisqu'elle est le rêve qui peut seul la créer.

Là doit être notre allégresse et notre allégeance. C'est là qu'un monde pur, heureux de sa seule beauté, nous attend, qui est bien à nous, et qu'on ne peut nous disputer. Car il est fait de toutes nos peines et de toutes nos victoires, qui sont nos sacrifices.

Il nous faut toujours créer, pour être, et tou- jours en beauté. Et créer tout ce qui peut être nôtre. La beauté de notre rêve est toute notre vérité. Voilà l'Imitation du Père, qui nous est prescrite : celle où s'élève si haut le divin Promé- thée. Il porte le feu ! c'est qu'il donne sa conscience à la nature.

Et, à la fin, dans ce rêve adorable et terrible, la puissance immortelle, qui fait l'ordre et le salut,

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