Page:NRF 11.djvu/457

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 451

— Hein ! qu'est-ce que vous pensez de ça ? demanda le cardinal.

Fleurissoire ne pensait plus rien ; il se sentait com- plètement abasourdi.

— Tous contre soi ! reprit Protos, il en va toujours ainsi, quand on possède la vérité.

— Ah ! que j'étais heureux quand je ne savais rien, gémit Fleurissoire. Hélas ! jamais plus, à présent, je ne pourrai ne pas savoir!...

— Il ne vous dit pas tout encore, continua Protos en lui touchant doucement l'épaule. Préparez-vous au plus terrible... puis, se penchant, à voix basse : — Malgré toutes les précautions, le secret a suinté ; quelques aigrefins en profitent qui, dans les départements pieux, vont quêtant de famille en famille et, toujours au nom de la Croisade, récoltent pour eux l'argent qui devrait nous revenir.

— Mais c'est affreux !

— Ajoutez à cela, dit Bardolotti, qu'ils jettent le discrédit et la suspicion sur nous-mêmes, et nous forcent à redoubler d'astuce et de circonspection.

— Tenez ! lisez ceci, dit Protos en tendant à Fleurissoire un numéro de la Croix ; le journal est d'avant-hier. Ce simple entrefilet en dit long !

" Nous ne saurions trop mettre en garde^ lut Fleurissoire, les âmes dévotes^ contre les agissements de faux ecclésiastiques^ et particulier ement d'un pseudo-chanoine qui se prétend chargé de mission secrite et qui^ abusant de la crédulité^ arrive à soutirer de V argent pour une œuvre qui se baptise : CROI- SADE POUR LA DÉLIVRANCE DU PAPE, Le titre seul de cette œuvre en dénonce P absurdité. "

Fleurisoire sentait le sol mouvoir et céder sous ses pieds.

�� �